"Phlogiston", du nom de l'installation, se tient jusqu'au 18 juin dans cette galerie du centre de Metz qui a gardé le nom de l'ancienne boutique, un toiletteur pour chiens.
Détails du dessin de Vanessa Dziuba, très grand format entièrement réalisé au crayon à papier.
Triptyque de Jean-Philippe Bretin. Il utilise de vieux feutres qu'ils poussent jusqu'à ce qu'ils s'épuisent totalement.
Deux lecteurs de Ramazzotti, fanzine aujourd'hui très rare.
Comme l'explique Modèle Puissance
à la presse, ce travail est le résultat "
d'une démarche très empirique, [qui consiste à construire]
des matières petit à petit, par le trait, sans savoir réellement où aller, puis des théories découlent de ces recherches et non l'inverse ».
L'exposition, qui est par ailleurs très agréable à parcourir, chacun s'appropriant la thématique annoncée à sa façon, renvoie à une "théorie scientifique obsolète concernant la
combustion" :
On a longtemps cru que la
chaleur était constituée d'un fluide que l'on avait nommé le
phlogistique (dérivé savant formé par J. J. Becher d'après le grec
phlogistos « inflammable »). On peut l'associer au feu. La
perte de masse résultant d'une combustion était attribuée au départ du phlogistique — la masse qui partait était de la chaleur.
La théorie affirme que tous les matériaux inflammables contiennent du phlogiston, une substance incolore, inodore, impondérable qui serait dégagée en brûlant. Une fois brûlée, la substance « déphlogistifiée » apparaîtrait sous sa vraie forme.
Lorsque
Georg Ernst Stahl énonce sa théorie du phlogistique, il explique la combustion du feu, mais aussi l'
alimentation/
digestion ou la
corrosion (
rouille du fer). À cet égard, le dégagement du phlogistique renvoie à une règle moderne concernant le déplacement des équilibres. " Le phlogistique est du feu fixé dans la matière et qui s'en échappe lors des combustions.". Plus un corps contient de phlogistique, et mieux il brûle.
Les substances « phlogistifiées » sont donc celles qui n'ont pas encore brûlé. Étant donné le besoin d'air pour la combustion d'une substance, on pensait également que l'air avait une relation spéciale avec le phlogiston.
Par exemple, le charbon, ou le H2 (dihydrogène) contiennent du phlogistique presque pur.
Daniel Rutherford, un étudiant de
Joseph Black, a découvert l'
azote (Nitrogen) en 1772 et il s'est appuyé sur cette théorie pour expliquer ses résultats. Les résidus d'air laissés après la combustion - en fait, un mélange d'azote et de
dioxyde de carbone -, étaient parfois appelés « air phlogistifié », ayant absorbé tous les phlogistons de la substance.
Ainsi, quand l'
oxygène fut découvert par
Joseph Priestley, ce dernier le baptisa « air déphlogistifié », capable de se combiner avec plus de phlogistons et pouvant ainsi brûler plus longtemps que de l'air « ordinaire ».


Cela faisait longtemps maintenant que l'on avait pas vu de travaux de
Modèle Puissance (on se souvient de l'excellent
Random, dont quelques exemplaires
sont encore disponibles), et cette exposition vient montrer que le groupe existe toujours et sait de nouveau proposer un projet exigeant et novateur.
L’intérêt de cette expo est aussi qu'elle prend place en-dehors de Paris, et permet de sortir des mondanités admises pour se confronter à un public peut être moins au fait mais tout aussi attentif.
Modèle Puissance montre encore une fois qu'on peut concilier et revendiquer avec sincérité et sérieux une certaine pratique du dessin contemporain, tout en assumant aussi une certaine légèreté et un humour évident.
Infos :
Galerie Toutou Chic
23 Ter rue de la Haye
Metz
Du mercredi au samedi
14h00 à 18h00